Burn out, un mal à l'âme du travail

burn-out-psychotherapie-asnieres-paris.jpgL’épuisement professionnel qu’on appelle le burn-out est un syndrome de stress chronique qui entraine un effondrement soudain des personnes surinvesties dans leur travail. Voyons ensemble qu’elles sont les racines de ce problèmes qui semblent frapper de plus en plus de travailleurs, quels sont les premiers signaux d’alertes et à quel moment faut-il se faire aider.

Origine : C’est à New-York que la notion burn-out a  été thématisée pour la première fois dans un contexte d’aide. Le psychiatre Herbert Freudenberger responsable d’une clinique qui accueillait des toxicomans, travaillait tous les soirs de 21H à 1H /2H du matin en plus de ses horaires quotidiens déjà forts contraignants. Il s’est senti de jour en jour particulièrement déprimé, épuisé, incapable de se lever ( ce qui est tout simplement la manifestation du corps qui alerte quand le psychisme lui essaie toujours d’aller plus loin ), mais comme il avait été formé à la psychanalyse, il s’est enregistré. Il a remarqué un changement dans sa voix, du cynisme, de l’auto dépréciation, un sentiment de culpabilité aussi par rapport à ses proches et à ses patients qu’il ne pouvait plus aider correctement. Il a donc thématisé son propre épuisement avec un mot qu’il entendait dans sa clinique par ses patients toxicomans «  je suis cramé » ( traduction littérale de burnout ). Et, en en discutant autour de lui, ses collègues se sont très vite retrouvés dans cette notion qui a été rapidement reprise et utilisée depuis.

Symptômes : Dans le burn out, on traverse une période de désespérance quand le corps s’écroule, car il faut dire que l’individu qui travaille trop, qui se donne à fond parce qu’il faut que le travail soit fait,  par posture éthique,  et qui est capturé dans une organisation professionnelle qui n’en a jamais assez, finit par ne plus avoir les moyens de réfléchir. Donc ce qui va naturellement craquer d’abord, c’est l’organisme. On a noté des paralysies de membres, de fortes douleurs diffuses, et aussi des troubles qui engagent le pronostic vital comme dans le lien entre burn out et karoshi ( Karoshi désigne la mort subite de cadres ou d'employés de bureau par arrêt cardiaque suite à une charge de travail ou à un stress trop important. ). Il y a aussi les « suicide blancs ». Il s’agit des salariés qui en consultation spécialisée expliquent qu’ils veulent dormir et qu’ils n’y parviennent plus en dépit des somnifères ou autres traitements donnés et qui choisissent de mourir pour se reposer. Donc qui ne veulent pas se tuer parce qu’ils n’aiment plus la vie, mais parce qu’ils veulent juste dormir !

Avant ces drames on retrouvent les symptômes comme l’irritabilité, les colères pour un oui, pour un non, une rigidité dans les manières de faire, les maux de tête, les maux d’estomacs, les maux gynécologiques, les troubles Musculo squelettiques ( T.M.S ), le vécu d’usure, d’échec de plus en plus important. Vécu d’impuissance qui va commencer à augmenter dans une organisation qui ne donne ni les moyens, ni les effectifs et surtout pas le temps. Les procédures sur le papier ne sont pas en adéquation avec la réalité des taches. Celui qui travaille ne peut pas se dérober à l’urgence de la réalité et va y laisser un véritable capital nerveux dans la plus affreuse des solitudes parce que la société ne veut pas entendre parler de  difficultés ni de moyens, ni d’effectifs, ni de temps et estime que le salarié doit y faire face sous peine d’en changer. Ce déni du réel du travail tel qu’il se présente peut déclencher de véritables situations d’aliénation, de crise psychotique quand elles se répètent au quotidien puisqu’elles mettent le salarié en faute prescrite dès qu’il démarre ses journées. On peut donc aisément imaginer la sensation vertigineuse  d’angoisse qui le saisit chaque matin.

« J’en peux plus ! » : il faut arriver à entendre et à faire entendre dans cette phrase tout ce qu’il y a de dramatique et d’acté, c’est-à-dire d’implosion à venir. Les gens pètent les plombs et souvent préviennent qu’ils vont se causer de graves dommages et/ou en causer à leur proche collaborateur ou relation professionnel(le) si  on ne les empêche pas ou si on les oblige de retourner sur le terrain de leur maux.burn-out-mal-a-son-travail-epuisement-professionnel-psychotherapie-paris-asnieres.jpg

Le burn out est une pathologie de surcharge reconnue et classée dans les psychopathologies de violences collectives. La mécanique de ces violences qui sont faites/construites/élaborées dans ces organisations du travail très spécifique sont faite au corps, au fonctionnement cognitif ( pensée, réflexion ), mais aussi à l’investissement tout à fait normal que chacun d’entre nous a de son travail et de sa place dans le champ social. Ces organisations du travail qui sont aujourd’hui pathogènes font un travail d’orfèvre dans la recherche de capture de la subjectivité du salarié pour lui expliquer le jour J où il va se plaindre et exprimer qu’il n’en pleut plus, qu’il n’arrive plus à atteindre les objectifs fixées, que c’est de sa faute, qu’il est en cause, qu’il ne sait pas s’organiser. Avec des phrases plutôt sournoises et destructrices du type «  mais on ne vous a jamais demandé d’en faire autant… », ce qui va générer chez l’individu qui est au bord de l’implosion cardio vasculaire une détresse et une confusion absolument terrifiante. D’autant plus terrible que le salarié sera face à des postures héroïques de collaborateurs ou de hiérarchie qui parviennent visiblement à tenir leurs charges qui vont s’enfermer dans une attitude de déni face à son malaise et à ses difficultés.

Une forme moderne d’acédie ?  Sans doute. L’acédie désignait une torpeur immense qui s’emparait du moine, et du plus zélé, qui ne reculait devant aucune tâche supplémentaire, aucun jeûne excessif (privation volontaire de nourriture), aucune corvée additionnelle…  Puis, qui ne pouvait, à force, plus se lever pour simplement se mettre à prier. L’église a été au moyen âge particulièrement virulente face à ce mal à l’âme spirituel, ce corps qui devenait froid et insensible, alors que la religion elle impliquait la ferveur. Notre burn out, lui, est un incendie dans un système techno capitaliste qui est bien représenté par sa froideur. Il y a un  parallèle à faire car il y est question d’une perte de foi due à un trop grand investissement qui n’est même pas récompensé, et surtout, pas même reconnu quand ça va mal.

Le symptôme majeur, finalement, du burn out c’est l’apparition chez des gens qualifiés de salariés sentinelles, c’est-à-dire dans le corps social que représente une entreprise, d’un cynisme, d’un détachement de la qualité du travail à accomplir donc de l’exact contraire de ce qui était leur engagement zélé.

Adaptation et réalisation de soi ? L’humain est un être « plastique » par excellence parfaitement capable de s’adapter aux situations nouvelles. Les technologies aidant et les organisations par le stress, ou les TTU ( très très urgent ), l’adaptation est toujours plus rapide, plus nécessaire et l’on voit des salariés qui s’adaptent, s’adaptent, s’adaptent… Pour répondre aux besoins de leur société mais sans plus se réaliser, alors que la condition sinéquanone de l’adaptation pour l’homme, c’est la réalisation de soi ; l’adaptation n’étant un moyen. C’est donc quand cette réalisation n’est plus au rendez-vous que l’adaptation devient absurde et frustrante et qu’on peut légitiment se demander à  quoi bon autant d’efforts ?... Et craquer quand il n’y a aucune réponse burn-out-epuisement-professionnel-psychotherapie-paris-asnieres.jpgintelligible à y apporter.

Le burn out n’est-il que professionnel ? Le temps est central dans nos psychismes et l’on a l’impression dans ces sociétés que l’heure est partout et qu’il faut la respecter en inscrivant nos actions dans des cases bien définies, mais que le temps pour y parvenir n’est nulle part. On pense donc à la mère de famille qui veut accorder du temps à ses enfants, à son mari, à son travail, à sa maison et qui a l’impression de ne plus y parvenir et de courir, follement et désespérément, partout et sans arrêt après ce temps qui lui manque.  Au début le burn out était particulièrement réservé aux professions d’aide, soignante, et de l’éducation. Petit à petit la notion a connu une extension vers les cadres, puis on a parlé d’un type de burn out chez les jeunes mamans, mais également chez des étudiants. C’est finalement une notion du trop qui nous indique un besoin vital de décélération. En cela elle ne touche donc plus que le cadre professionnel.

La machine avait été inventée pour libérer l’homme de son travail. Il est surprenant de voir que ce dernier se transforme en machine lui-même et qu’il demande à ses congénère d’en faire autant pour transformer ses actions en mécanismes dénués de valeurs, de conscience, de plaisir, d’intérêt, de réflexion…

 

Alors réagissez avant qu’il ne soit trop tard. Le burn out est aussi une affaire de rééquilibrage.

 

 

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Le stress au travail psychotherapie asnieres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liens intéressants :

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Valérie Perriaud sur Google+

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