isolement

Seul et heureux ? Pendant les vacances

 

vivre-heureux-tout-seul.jpgPeut-on vivre heureux tout seul pendant les vacances ?

 

Pas simple de vivre en solo quand les autres se retrouvent en familles, entre amis, ou encore quand ces autres ont les moyens de partir rejoindre un club de vacances pendant la période estivale. Juillet et août peuvent être rudement vécus pour ceux qui, le reste de l’année, se sentent plutôt confortable dans leur vie en solo. La période estivale est souvent assombrie par un coup de blues  qui renvoie à leur solitude ou simplement à leur différence tous ceux qui n’ont pas les moyens, pas beaucoup d’entourage, ou encore ceux qui ont choisi un autre mode de fonctionnement.

 

Pourtant, la vie en solo pendant les grandes vacances si certain  la subisse d’autres la choisisse, car en France il y a à peu près 9 millions de français qui vivent seuls. Parmi ces 9 millions de personnes on pense, naturellement, à tous ceux marqués par les circonstances qui n’avaient pas choisi de se retrouver seuls pendant cette période, comme les personnes âgées, dont le champ social c’est plus ou moins réduit au cours du temps. Les vacances vont les priver de leur voisinage, de leurs enfants et petits-enfants pendant plusieurs semaines. Mais cette désertion estivale ne concerne pas que les plus de 65 ans. Aujourd’hui, toutes les tranches d’âge sont concernées. Divorces, séparation, chômage, maladie, deuil… De plus, notre société, alors même qu’elle permet des méthodes de communication extraordinaires, produit plus que jamais des solitudes. Réseaux sociaux, mails, SMS, qui permettent d’être facilement en lien, créent une nouvelle forme de solitude pour les 24-30 ans. Globalement en 20 ans la population qui vit seule a augmenté de 50% !

 

Dans les années 60, 6 % de la population vivait seule alors qu’aujourd’hui, en France, nous sommes à + de 15 %. Soit plus du double ! Principalement parce que le noyau familial a éclaté, notamment pour les générations précédentes. Souvenez-vous, on continuait à vivre avec ses parents, et parfois ses grands-parents alors qu’aujourd’hui, on part chercher du travail très loin, hors de la cellule familiale. Autre fait nouveau, les familles monoparentales plongent les femmes ( le plus souvent ) dans une situation de profonde solitude.

 

Choisi-t-on d’être seul ?

 

Oui, il y a les solitudes résilientes qui permettent de se retrouver et sont nécessaires ( après une séparation douloureuse par ex… ). Il y a aussi tous ceux qui ont envie d’espace pour s’exprimer ou découvrir les autres (justement !) et qui prennent plusieurs années pour voyager, réaliser un cheminement spirituel, etc…   Ces formes de solitudes sont nourrissantes car on sait qu’elles vont prendre fin. Là, où cela se complique c’est lorsqu’on ne sait pas comment cela va s’arrêter. Nous sommes bien dans le choix pour toute cette partie de solitude désirée, construite, tout à fait voulu, et puis nous avons les situations beaucoup plus complexes de personnes qui n’ont pas choisi. Les personnes âgées bien sûr, mais d’autres aussi qui vivent éloignés de toutes infrastructures, parce que financièrement elles ne peuvent pas faire autrement, ou parce qu’elles ne veulent plus de promiscuité. Notons que la densité, n’est pas un remède contre l’isolement, car là aussi, on s’aperçoitvivre-heureux-tout-seul-en-vacances.jpg de plus en plus dans cette société d’hyper communication que l’on ne connait pas son voisin, que la solidarité existe de moins en moins en ville… Prenons cet exemple assez alarmant, de celui qui va composer le numéro de SOS amitié car il n’ose pas frapper à la porte d’à côté… En ville, comme à la campagne…  Alors que l’on peut comptabiliser des centaines d’amis et d’amis d’amis sur sa page Facebook, le légendaire SOS amitié existant depuis 52 ans enregistre de plus en plus d’appels de personnes de tout âge et de tout horizon ! Alain GUAIDE, Directeur Général de SOS Amitiés Ile de France expliquait que, la plupart du temps, les gens qui appellent lui racontaient que s’ils n’avaient pas eu quelqu’un en ligne alors ils n’auraient parlé à personne de la journée. Cette association assume son rôle de psy, de confident, mais aussi d’ami… Les pics d’appels ne correspondent pas forcément aux soirées, mais peuvent démarrer dès le matin, tôt, pour ceux qui ont juste besoin d’une voix aimable pour débuter la journée. Un encouragement sympathique pour aller travailler. Car,  5 minutes suffisent à rebooter quelqu’un… Ceci prouve encore une fois la pauvreté du lien véritable vécu par beaucoup d’entre nous, aujourd’hui.

 

Plus douloureux encore donc, cette période estivale, qui faire renaitre le sentiment d’abandon pour tous ceux qui ne vont pas bien et qui comptent sur leurs liens thérapeutiques. Le mois d’août et probablement le mois le plus sensible, car la majorité des soignants doivent se mettre en congés et même si certains se font remplacer, (ce n’est pas le cas pour les psys !) la qualité et la profondeur du lien n’est pas la même.

 

Pourtant, ce qui rend la solitude supportable, pour tout un chacun, et ce quelle que soit son histoire, c’est l’écoute ou du moins le sentiment d’avoir été écouté. Pas la durée, mais la qualité d’attention dont l’autre, en face,  a fait part. C’est cette qualité-là qui n’est pas retrouvée dans tous ce que proposent les liens sociaux, beaucoup trop lapidaires.

 

Vivre seul est-ce bon pour la santé ?

 

Mis à part ces moments choisis et dont la durée est contrôlée, statistiquement les personnes qui sont en liens vivent plus longtemps et dans de meilleurs conditions que celles qui sont isolées. Pourtant là encore, notre société pousse de plus en plus à la compétitivité, à nous démarquer, et provoque encore une fois des solitudes. Voire des doubles solitudes. La première est celle de ne pas pouvoir échanger du fait du contexte socio-professionnel, puis la seconde de ne plus vouloir échanger et de désirer, au final, se mettre en retrait pour respirer !

 

Les techniques permettent-elles de rester un peu en lien ?

 

Observez bien dans le train ou le bus par exemple, tous ceux qui ont le nez collés à leur Smartphone. Lisent-ils leurs messages ou jouent-ils, simplement, tout seul à un jeu ?... La réponse est ambivalente. On peut choisir de communiquer quand on veut et de l’endroit que l’on souhaite avec qui on veut. Oui, cela permet tout de même de maintenir du lien, mais en même temps cela frustre, car avoir une technologie aussi développée et si peu de personne avec qui la partager renvoie à une rude réalité pour ceux qui ne sont pas très entourés. Difficile aussi pour ceux qui sont isolés, d’être le témoin de vie qui s’épanouissent (vraiment ?) et qui s’étalent / se partagent sur internet, créant un lien, oui, mais uniquement virtuelle. On note aujourd’hui que les technologies communicantes  renforcent les liens de ceux qui ont déjà un gros potentiel social, et appauvrissent ceux qui en manquent.

 

Mais vive seul, c’est aussi se confronter à soi-même. On a tendance pour éviter ce RDV malaisé à rester dans une hyper activité pour ne pas avoir à se retrouver seul. Et pourtant, Serge GUERIN, Sociologue, nous parle de « diététique psychologique ». Rien de plus sain et de normal en effet, que de se poser sans craintes et de considérer ses choix, de faire le bilan de ce que l’on souhaite et de ce que l’on a réalisé. De se recentrer, tout simplement. Pour continuer sur la notion de diététique psychologique, rien ne sert de consommer si on n’apprécie pas les plats… Est-ce la personne avec qui je me vois vraiment faire ma vie ? Ces amis sont-ils vraiment ceux que j’estime ? Ce travail me convient-il ? Puis-je évoluer dans ma situation actuelle ? De quoi j’ai envie, fondamentalement ? Avec qui ? Etc…  

 

Doit-on opposer célibat et solitude ? passer-les-vacances-seul-psycho-solitude.jpg

 

Bien sûr ! Si la façon de vivre seul correspond à un choix. Fort heureusement, toutes les personnes célibataires ne sont pas dramatiquement isolées d’autrui. La plupart ont un vrai réseau d’amis et des relations sentimentales tout à fait satisfaisantes. Notons aussi, que  pour certains, les cycles de vie sont établis à l’avance. Ainsi il y a ceux qui désirent tout mettre en œuvre pour réaliser correctement leur vie professionnelle et ainsi assurer une vie confortable à leur vie de couple quand ils seront disponibles pour la vivre.  Il y existe aussi de nouveaux modèles, comme la volonté de faire respecter son espace et de respecter celui de l’autre, en choisissant des moments à deux et des moments seuls. Ainsi ces couples qui décident de faire appartement à part. N’oublions pas que l’on peut être terriblement seuls à deux si la communication n’est plus authentique.


 

 

 

Finalement, vivre seul = Vivre heureux ? Oui, si l’on choisit librement ce modèle-là, et surtout si l’on prend le temps de créer, autour, de vrais liens et d’échanger sincèrement. C’est bien de cela que la société prive petit à petit avec ces contraintes de compétitivité, d’individualisme et d’ersatz de communication. Paradoxalement, le regard de cette même société rend suspect le fait de vivre en solo et n’offre pas de réponse adaptée pour tous ceux qui souhaitent s’épanouir dans ce schéma-là. Sylvie la bien compris et propose, par exemple, des séjours en solo répondant parfaitement aux désirs de chacun.

 

Et vous ? Comment vous sentez-vous à l'approche des ces mois de juillet et août ? ;o)

 

Comme chaque année, le cabinet propose des groupes de parole en juillet et aôut pour rompre votre isolement ( dates à venir en fonction du nombre de participants )

Lire aussi : L'angoisse des vacances

 

 

 

Surmonter l'angoisse de la solitude

La peur d’être avec nous-même

solitude-psychotherapie-et-psychocoaching-asnieres-sur-seine.jpgDe même que nous avons peur de vide, nous craignons de passer du temps uniquement avec nous-mêmes. Le silence effraie. Pourtant, il n'est pas nécessaire d'être entouré en permanence. Pour surmonter l'angoisse de la solitude, il n'existe qu'un moyen d'y parvenir : être seul ! Comme pour tout ce qui a trait à la psychologie, c'est en expérimentant que nous venons à bout de nos problèmes. En étant seuls,nous prenons conscience que c'est "vivable", voire agréable. Aborder la solitude requiert de la sollicitude envers nous-même. Soyons donc tolérants avec nous-même.

Plus nous faisons l'expérience de la solitude, plus le plaisir de nous retrouver seul  se développe.
Être avec nous-même et uniquement avec nous peut alors vite devenir un besoin, car nous découvrons alors des ressources insoupçonnées.


 

 

Apprendre à s'aimer

C'est dans la solitude que nous découvrons qui nous sommes réellement. il ne s'agit pas de vivre seul, mais de nous accorer des moments où nous pouvons l'être. La solitude est nécessaire à la rencontre avec soi-même. Nous apprenons, petit à petit, à nous connaître/nous reconnaître, et à nous apprécier. En effet, en réalisons qui nous sommes... Finalement, pas si détestable ou stupide que cela... Voire plutôt sympathique avec nos fragilités, et donc, estimable.  Nous apprenons à cultiver une bienveillance essentielle à l'égard de nous-mêmes. En commençant à porter attention à la personne que nous sommes, et en la respectant, nous développons la considération élémentaire à l'être que nous sommes.

 

Du temps pour soi

Il est donc important de se consacrer du temps. C'est en se retrouvant seul dans un espace qui n'appartient qu'à nous, que nous parvenons vraiment à réfléchir correctement.  de cette manière, nous accédons plus clairement à ce qui cloche : comportement toxique, compréhension de certaines attitudes difficiles à vivre pour soi et les autres, identification des émotions... Cette solitude choisie, en temps et lieux, nous permet l'étude judicieuse et non critique de notre personne et de certains de nos agissements. En interrogeant notre conscience, en développant nos valeurs personnelles, nous prenons des décisions essentielles. Ces pauses solitaires sont un besoin salvateur pour faire le point et avancer dans nos vies.

 

En s'écoutant on entend l'autre

solitude-psychotherapeute-asnieres-sur-seine.jpgPour pouvoir être agréable avec autrui, de manière efficace, il est indispensable de nous occuper en tout premier lieu de nous-même. Cela n'a rien d'égoïste. En prenant soin de soi, en restant à l'écoute de ses besoins et désirs, nous agissons tel un parent pour son enfant. Enfant que nous sommes resté, de toute façon, tout au fond de nous et qui connais particulièrement bien ce dont il a besoin. Nous veillons sur nous même nous nous rassurons.  En prêtant attention à ce que nous souhaitons, nous apprenons à nous respecter. Lorsque nous nous occupons correctement de nous, nous sommes en capacité de développer notre estime personnel. Et parce que nous sommes capable de prendre soin de nous, alors nous sommes en mesure de le faire avec autrui. En satisfaisant nos besoins, et nos désirs nous nous rendons disponibles et aimables avec les autres.

 

Ce qu'on aime faire

Une des meilleures attitudes à adopter pour nous occuper de nous-même est de nous livrer à une activité qui nous apporte du plaisir. Si nous aimons danser et bien dansons ! Si nous préférons nager et bien nageons ! Qu'importe. Les activités artistiques et sportives sont des passe-temps qui contribuent fortement à l'estime de soi en procurant du plaisir et de la joie de vivre. Elles nous permettent de nous déconnecter de nos préoccupations quotidiennes et de nous recentrer. De même, cuisiner peut se révéler très agréable en développant notre créativité et en partageant ce plaisir. Jardiner ou encore prendre soin de son corps peuvent être des activités très satisfaisantes. Encore une fois, peu importe. Trouvons ce qui nous va et ce qui nous fait du bien. L'objectif est d'avoir une occupation qui soit récréative et qui nous procure du bien-être.

 

En marche !

solitude-psychotherapeute-asnieres-sur-seine-1.jpgLes bienfaits de la marche à pied sont pléthore. La marche est une activité vivifiante et revigorante à souhait, mais surtout, elle est idéale pour nous reconnecter avec nous-même. En l'espace de seulement vingt-minutes, nous pouvons nous sentir reliés. Lorsque nous avons l'esprit encombré, la marche permet, efficacement, de dénouer les tensions et d'alléger notre moral. L'exercice physique est reconnu pour agir de façon positive sur le mental. Il permet de nous libérer du stress et de nous apaiser lorsque nous sommes contrariés. La marche à pied est d'ailleurs de plus en plus pratiquée. Elle ne nécessite aucun investissement ni talent particulier ( si ce n'est une paire de chaussure adaptée ! ). Nous n'avons besoin que d'un peu de temps et de motivation pour sortir. Mais, sachez que la plénitude engendrée par cette activité sont très rapides et durables. 

En marchant dans la nature nous nous détendons tout en conservant nos sens en alerte, car nous restons sensibles à ce qui ce passe autour de nous. La marche possède également une dimension  spirituelle, car en marchant, nous nous sentons reliés à quelque chose de plus vaste qui nous dépasse et nous accueille.

 

Trouver la sérénité

Paradoxalement, pour tout ceux qui sont effrayé par le fait de se retrouver seul face à eux-même, sachez que la solitude permet justement de retrouver une certaine forme de sérénité. C'est dans le calme et la tranquillité, installées au plus profond de notre être, que nous pouvons accéder à cette sagesse.
La sérénité nait de la rencontre avec soi. Là, nous parvenons à cultiver cette confiance en nous, à croire en nos capacités et à redécouvrir tous les possibles de nos ressources, à nous admettre tels que nous sommes, et surtout, à accepter ce qui est tel qu'il est. Lorsque nous sommes en contact avec notre être profond, c'est à dire lorsque nous sommes prêts à l'accueillir ( à nous accueillir dans notre globalité sans jugement ! ) alors nous goutons à la sérénité, au plaisir d'exister, et d'être pleinement soi.

 
Un thérapeute peut vous aider à retrouver ou à reconnaitre cette sérénité. Si vous êtes terrifié(e)s à l'idée d'être seul(e) et/ou abandonné(e)s, n'hésitez pas à chercher avec lui ce qui ce cache derrière cette crainte de la solitude.

 

 

 

 

Le cabinet sera fermé du 1er juin au 31 aout 2017.

Bonne vacances à tous !

Tortue